Électricité : réduire votre facture grâce à l’ajustement des puissances électriques souscrites

Dans le cadre de l’augmentation des prix que connaît le marché des énergies, un ajustement de la puissance souscrite représente une opportunité pour maîtriser les dépenses en électricité. 

Notre article vous éclaire sur les informations à connaître afin d’ajuster les puissances de vos copropriétés.

1. À quoi correspond la puissance électrique souscrite ?

La puissance électrique souscrite correspond à la puissance électrique maximale pouvant être supportée sur un compteur donné. En cas de dépassement, la copropriété pourrait alors :

  • Subir une coupure de courant pour les compteurs compris entre 3 et 36 kVA
  • Payer des frais de dépassement (pour les compteurs de 36 kVA et plus)

La puissance souscrite doit figurer sur le contrat et les factures. Certains fournisseurs font apparaître directement sur les factures les puissances atteintes sur la période de facturation, permettant alors un meilleur suivi.

Plusieurs postes de coûts peuvent varier en fonction de la puissance souscrite :

  • L’abonnement
  • Le tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (TURPE)
  • La contribution tarifaire d’acheminement (CTA)
  • Le prix de la fourniture

Il existe trois tranches de puissances électriques selon la consommation du site :

  • entre 3 et 36 kVA, pour les petits consommateurs, comme  une copropriété d’habitation  ;
  • entre 42 et 240 kVA, utilisé majoritairement par les entreprises, les sites tertiaires  et les importantes copropriétés 
  • plus de 250 kVA, pour les grands sites industriels. 

Ce choix se fait lors de la signature du contrat auprès du fournisseur. La puissance peut ensuite être ajustée une fois par an, même en cours de vie du contrat (les conditions peuvent varier selon les fournisseurs). 

2. Comment choisir la puissance adaptée à vos copropriétés ?

La puissance électrique souscrite est impactée par plusieurs facteurs :

  • Le nombre d’éléments reliés (ascenseurs, éclairage, pompe de relevage, surpresseur, chaudière, … )  ;
  • La consommation des appareils utilisés en simultané  ;
  • Le type de chauffage (s’il s’agit d’un chauffage collectif)  ; 
  • Le nombre de PDL (points de livraison) ;
  • Le nombre d’habitants dans l’immeuble ;
  Bonne pratique :

L’éclairage des parties communes représente généralement 10 % de la consommation en électricité d’une copropriété. L’installation d’un système de minuterie, ainsi qu’une opération de relamping (renouvellement des ampoules par des ampoules LED à basse consommation) permettent de réduire les consommations.

Pour procéder à l’ajustement des puissances électriques souscrites, il faut prendre en compte plusieurs facteurs :

  • La puissance maximale atteinte depuis 3 ans, votre fournisseur peut vous communiquer une courbe de charge pour identifier le point max atteint 
  • L’éventualité de travaux dans l’année (par exemple l’installation d’un ascenseur ou le changement du type de chaufferie)
  • Les délais d’intervention
  • Les conditions propres à chaque fournisseur (elles vous sont communiquées par le service client).
  • Le type de tarification souscrite : 

               – Segment C5 (entre 3 et 36 kVA), adapté aux immeubles d’habitation et aux petites structures. Pour ce type de tarif, un ajustement de puissance ne représente pas une grande économie, car les tarifs sont très modérés.
Ce type de compteur ne supporte pas la surconsommation, au risque de disjoncter. 

            – Segment C4 (entre 42 et 240 kVA), un diagnostic et ajustement de puissance peut représenter un bon moyen pour optimiser les charges du bâtiment.
Ce type de compteur supporte la surconsommation afin de permettre aux structures de continuer à fonctionner en cas de dépassement. 

Néanmoins, chaque dépassement sera facturé. Les pénalités varient d’un fournisseur à un autre et dépendent de la période : la pénalité appliquée est plus élevée en période de pointe qu’en heure creuse.

              – Segments C2 & C3 (plus de 250 kVA) concernent les grands sites industriels et dépendent de l’utilisation et de l’activité. Ce type de segments est adapté aux très grandes structures.

Ce type de compteur supporte la surconsommation afin de permettre aux structures de continuer à fonctionner en cas de dépassement.

 Le saviez vous? 

 Dans les premières années d’exploitation de l’immeuble, la puissance électrique est souvent estimée à la hausse pour pallier le manque d’historique et ainsi éviter une coupure ou une facturation de frais supplémentaires en cas de dépassement.

3. Combien coûte un ajustement de puissance ?

L’ampleur des travaux est estimée par le gestionnaire du réseau , l’urgence du changement ainsi que le type des compteurs peut avoir un impact non négligeable sur les frais à payer. Le coût de l’ajustement de puissance dépend des travaux à réaliser. Ils peuvent être :

  • Un simple réglage de votre compteur en cas d’un ajustement puissance en restant dans la même tranche
  • Un changement de compteur (lors d’un dysfonctionnement, ce qui peut nécessiter un remplacement par un nouveau compteur “ Linky”).
  • Un changement groupé des compteurs et des disjoncteurs 

Le tarif peut aller d’environ 40 euros en cas d’un simple réglage de compteurs à 250 euros en cas de changement de compteurs et de disjoncteurs. 

Bon à savoir: 

A titre indicatif, un réglage de votre compteur coûte entre 37 euros en délai normal et 65 euros en cas d’intervention express. 

Pour un changement du disjoncteur et/ou de compteurs,  il faut compter entre 55 et 250 euros. 

4. Comment lancer une démarche d’ajustement des puissances souscrites pour vos copropriétés ?

Le processus d’ajustement de puissance souscrite se fait en plusieurs étapes. Ci-dessous les étapes clés pour réussir sa démarche :

  • Lister tous les Points de Livraison (PDL)  par copropriété ;
  • Collecter les historiques des consommations par PDL (sur le site de votre fournisseur ou celui du gestionnaire de réseau) ;
  • Collecter les puissances atteintes auprès d’Enedis sur 3 – 5 ans
  • Comparer les puissances maximales atteintes par rapport aux puissances souscrites ;
  • Estimer une puissance raisonnable (notre astuce : laisser une marge pour éviter les dépassements) ;

Une fois tous ces éléments réunis, vous pouvez faire la demande auprès de votre fournisseur.

Bon à savoir: 

Lors d’une démarche d’ajustement de puissance, une restriction de 365 jours est imposée avant de pouvoir changer de nouveau d’abonnement.

Vous pouvez également nous adresser une demande d’accompagnement. Nos équipes se chargeront alors d’effectuer l’ensemble de ces étapes grâce à nos outils dédiés. 

Econhomes vous accompagne dans le choix

de vos contrats de charges de copropriétés

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