Chauffage urbain : Quels avantages pour vos copropriétés ?

Les augmentations régulières du coût de l’énergie ces dernières années nous amènent à nous questionner sur les meilleures solutions pour réaliser des économies sur les dépenses de chauffage. Dans ce contexte, le chauffage urbain a connu un gain d’intérêt cette dernière décennie en raison de sa fiabilité d’utilisation, de son rôle important dans la démocratisation de l’usage d’énergies renouvelables et bien évidemment pour son coût, qui peut être moins onéreux que les solutions de chauffage conventionnelles. Petit tour d’horizon pour comprendre comment le chauffage urbain peut vous aider à alléger les charges de vos copropriétés !

Comment fonctionne le chauffage urbain ?

Le chauffage urbain consiste en un réseau de canalisations souterrain donnant la possibilité de chauffer tout un quartier, voire toute une ville pour les réseaux les plus étendus.

Une chaufferie centrale produit de la chaleur, la plupart du temps sous la forme d’un fluide caloporteur tel que l’eau, qui est ensuite redistribuée à des sous-stations installées au sein des bâtiments reliés au réseau de chauffage urbain. Le chauffage urbain peut aussi profiter de la chaleur rejetée par certaines industries, comme les incinérateurs de déchets par exemple.

Par la suite, ces sous-stations vont capter la chaleur émise par le réseau principal par le biais d’un échangeur et la distribuera entre tous les logements de l’édifice.

Le chauffage urbain est une installation qui permet l’usage d’un mix énergétique. La chaleur produite peut ainsi provenir de plusieurs sources, que ce soit des énergies fossiles (gaz, fioul…) ou renouvelables (géothermie, chaleur de récupération…).

Le chauffage urbain est un concept ancien, les premières traces de l’existence d’un tel dispositif remontent à l’Antiquité, au sein des grandes cités romaines. Il s’est particulièrement développé au cours du XIXe siècle dans les pays les plus froids tels que la Russie ou l’Islande, avant d’arriver dans la plupart des pays d’Europe continentale dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Aujourd’hui, il existe près de 800 réseaux de chaleur en France selon une enquête de la SNCU de 2020. Ces réseaux sont concentrés sur les grands pôles urbains Français où existe une certaine rigueur climatique tels que Paris, Lyon, Lille ou encore Strasbourg.

Le saviez-vous ?

En 2019, en France, environ 14 TWh (terawattheure) de chaleur ont été livrés dans le résidentiel via un réseau de chauffage urbain.

À Paris, le réseau de chauffage urbain dessert environ 500 000 logements, soit environ 1,5 millions de Parisiens. Du côté de Lyon, il dessert à ce jour environ 45 000 logements avec un objectif clair de la part de l’Etat et des collectivités territoriales de l’étendre à 130 000 logements dans les prochaines années.

Quels sont les avantages du chauffage urbain ?

Le premier avantage d’être relié à un réseau de chauffage urbain pour vos copropriétaires est bien évidemment les économies qu’il permet de générer. En effet, le prix du kWh peut être jusqu’à deux fois moins cher que le prix de l’électricité qui est le moyen de chauffage le plus répandu en France.

Toutefois, les prix de l’électricité et du gaz sont soumis à de fortes fluctuations, il peut donc arriver que le chauffage urbain soit plus cher en fonction de l’état du marché de l’énergie.

Un avantage substantiel du chauffage urbain est aussi sa stabilité sur les tarifs pratiqués. En effet, son prix est fixé dans le cadre d’appels d’offres menés par la collectivité.

De plus, si le mix énergétique du chauffage urbain est composé à plus de 50% d’énergies renouvelables, la copropriété peut bénéficier de la TVA réduite à 5,5% sur les factures.

Enfin, plus besoin d’investir dans une chaudière coûteuse, et chère à l’entretien pour chauffer les logements. Une sous-station suffira, le besoin de maintenance est moins important et les risques liés au gaz n’existent plus.

Autant d’arguments financiers qui contribuent grandement à son développement. En 10 ans, le nombre de bâtiments raccordés à un réseau de chaleur urbain a doublé (d’environ 20 000 sous-stations en 2009 à 41 000 en 2019).

Mix énergétique chauffage urbain

Autre avantage non négligeable :

Le mix énergétique permis par le chauffage urbain permet d’encourager l’usage simplifié à grande échelle des énergies renouvelables.

Plus le mix énergétique est composé d’énergies renouvelables et plus les bâtiments raccordés se chauffent donc par ces moyens. Une bonne nouvelle pour le climat !

La tendance ces 10 dernières années est d’ailleurs à l’usage grandissant d’énergies renouvelables dans le mix énergétique. Représentant 31% des sources d’énergies du chauffage urbain en 2009, elles représentaient en 2019 plus de 60%.

Enfin, le chauffage urbain est réputé pour sa fiabilité d’utilisation. Les réseaux souterrains assurent le transport d’un volume important de chaleur de manière constante (générant par ailleurs des économies d’échelles qui expliquent en partie son attractivité économique).

Si certaines installations sont vieillissantes, entraînant des fuites sur les réseaux, les dysfonctionnements sont rares grâce à une maintenance et une rénovation continues des canalisations et une étroite surveillance des installations pour éviter cette situation.

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Quels sont les inconvénients ?

Certaines caractéristiques propres au chauffage urbain peuvent rendre son utilisation difficile selon la typologie des logements et le budget de la copropriété.

Bien que le chauffage urbain permette de réaliser des économies à l’utilisation, il convient de préciser que l’investissement de départ est élevé et nécessite le financement de plusieurs entités pour être pleinement mis à disposition des usagers.

Une étude de Perdurance/ADEME estime que l’investissement nécessaire pour générer 1 MW de chaleur s’élève approximativement à 1 million d’euros (incluant la chaufferie et la construction du réseau de distribution).

Ce coût nécessite donc d’être amorti sur plusieurs années par le biais d’une facturation aux bâtiments raccordés au réseau. Cela freine son développement sur le territoire, certaines communes préférant ne pas investir dans ce type d’infrastructures, car le rendement qu’elles en tireraient pourrait ne pas être à la hauteur de l’effort.

À cet obstacle s’ajoutent également quelques limites sur son utilisation par le plus grand nombre.

Le chauffage urbain a en effet un intérêt maximal pour les territoires à forte densité de population, mais peine à convaincre les territoires moins denses en raison des frais élevés de mise en place.

À moins de trouver des solutions moins onéreuses, les campagnes ou les petites villes ne voient donc pas l’intérêt d’installer le chauffage urbain sur leurs zones.

Comment mettre en place le chauffage urbain dans vos copropriétés ?

À la lumière de ces informations, si vous souhaitez développer l’usage du chauffage urbain dans vos copropriétés, vous pouvez prendre contact avec l’opérateur du réseau (public ou privé selon les villes). Par exemple, la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU) pour Paris, la Compagnie de Chauffage à Grenoble ou encore ELM pour l’agglomération lyonnaise. Les opérateurs sont nombreux à travers le territoire et plusieurs dizaines opèrent en même temps dans les plus grandes métropoles françaises.

Une fois votre besoin formulé, l’opérateur se chargera par la suite de faire parvenir à vos copropriétés les devis relatifs aux coûts de raccordement. Ce coût est bien entendu variable selon les caractéristiques requises (puissance, densité de la zone ou encore longueur).

A titre d’exemple, les organismes publics indiquent que les coûts de raccordement à un réseau en zone urbaine dense s’élèvent à 500€/kw, auxquels il faut ajouter les frais de travaux qui atteignent en moyenne 480€/m.

La ville n’est pas encore équipée du chauffage urbain ? Votre administration locale peut se renseigner sur la faisabilité de l’installation du réseau dans la commune et vous tiendra informé.

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